Logement avec DPE G : pouvez-vous encore louer votre bien ?
Les questions autour du Diagnostic de performance énergétique sont nombreuses : Quel DPE est interdit à la location ? Que signifie la classe G du DPE ? Quels travaux réaliser pour passer d’un DPE G à une meilleure classe ? Combien de temps un DPE est-il valable ?Comment faire un DPE ?
La loi Climat et Résilience a bouleversé le marché locatif français. Depuis son entrée en vigueur, les logements les plus énergivores – appelés « passoires thermiques » – sont dans le viseur. Parmi eux, les biens classés G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) subissent les restrictions les plus fortes. Alors, peut-on encore louer un logement mal classé ? Quelles sont les règles en 2025 ? Et surtout, quelles solutions s’offrent aux propriétaires concernés ?
Qu’est-ce qu’un logement classé G ?
Un logement classé G au DPE est considéré comme une passoire énergétique. Cela signifie :
- Une consommation d’énergie supérieure à 450 kWh par m² et par an.
- Des émissions de gaz à effet de serre particulièrement élevées.
- Des factures de chauffage souvent exorbitantes pour les locataires.
👉 En pratique, ces logements concernent surtout des appartements anciens mal isolés, des maisons individuelles vétustes ou encore des biens dont le chauffage fonctionne au fioul ou à l’électricité ancienne génération.
Pourquoi les logements classés G sont-ils visés par la loi ?
La lutte contre le réchauffement climatique est-elle l’objectif principal ?
Oui. Le secteur du bâtiment représente près de 20 % des émissions de CO₂ en France. En s’attaquant aux logements énergivores, le gouvernement espère réduire significativement l’empreinte carbone du parc immobilier.
La protection des locataires joue-t-elle aussi un rôle ?
Absolument. Les occupants de passoires thermiques souffrent de précarité énergétique, avec des factures parfois impossibles à assumer. Améliorer la performance énergétique des logements est aussi une question de justice sociale.
Peut-on encore louer un logement classé G en 2025 ?
Les règles ont-elles déjà évolué ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2023, les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être proposés à la location.
Et en 2025, qu’en est-il ?
Depuis le 1er janvier 2025, l’interdiction de location s’applique à tous les logements classés G, même ceux en dessous du seuil de 450 kWh. Autrement dit : aucun logement G n’est désormais louable.
👉 Cela représente environ 500 000 logements retirés du marché locatif, selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?
Un propriétaire qui continue de louer un logement classé G risque :
- Une nullité du bail en cas de contestation par le locataire.
- Une amende administrative pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.
- Une obligation de réaliser les travaux sous contrainte.
Les locataires disposent d’un recours pour contraindre le propriétaire à mettre le logement en conformité.
Quelles solutions pour les propriétaires concernés ?
Rénover est-il la seule issue ?
Oui. Pour remettre un logement sur le marché locatif, il faut entreprendre des travaux de rénovation énergétique permettant de passer au moins en classe E.
Quels types de travaux privilégier ?
- Isolation des combles, murs et planchers
- Remplacement des anciennes fenêtres par du double ou triple vitrage
- Installation d’un chauffage performant (pompe à chaleur, chaudière biomasse)
- Amélioration de la ventilation
👉 Ces travaux, parfois coûteux, sont néanmoins largement subventionnés via MaPrimeRénov’, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et les aides locales.
Peut-on vendre plutôt que rénover ?
Oui. Certains propriétaires préfèrent vendre leur bien en l’état. Mais attention : la valeur des passoires thermiques a chuté de 20 à 30 % sur le marché.
Quel impact sur les locataires ?
Y a-t-il une réduction de l’offre locative ?
Oui. Dans certaines grandes villes, la sortie des logements classés G réduit l’offre, ce qui peut accentuer la tension sur le marché locatif.
Les loyers risquent-ils d’augmenter ?
Possiblement. Moins de biens disponibles signifie une concurrence accrue entre locataires, notamment pour les petites surfaces et les logements étudiants.
Quels sont les prochains logements concernés par l’interdiction ?
La loi Climat et Résilience prévoit un calendrier progressif :
- 2025 : interdiction de louer les logements classés G
- 2028 : interdiction pour les logements classés F
- 2034 : interdiction pour les logements classés E
👉 À terme, seuls les logements classés de A à D resteront autorisés à la location.
Quels conseils pour les propriétaires encore hésitants ?
- Faire réaliser un audit énergétique pour identifier les travaux prioritaires.
- Consulter un professionnel de l’immobilier pour évaluer l’impact d’une rénovation sur la valeur du bien.
- Comparer les aides financières disponibles (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, subventions locales).
- Anticiper dès maintenant : attendre 2028 ou 2034 pour rénover risque de coûter plus cher, avec des artisans très demandés et moins de subventions.
Conclusion : louer un logement classé G en 2025, une page tournée
En 2025, il est désormais impossible de louer un logement classé G. L’interdiction marque une étape décisive dans la lutte contre les passoires thermiques et impose aux propriétaires un choix clair : rénover ou vendre.
Si la contrainte peut sembler lourde, elle constitue aussi une opportunité :
- Rénover, c’est réduire les factures, valoriser le patrimoine et sécuriser la location.
- Anticiper, c’est éviter les sanctions et profiter des aides financières encore généreuses.
👉 En résumé : la fin des passoires thermiques à la location ouvre une nouvelle ère du marché immobilier, où la performance énergétique devient un critère central de valeur et de durabilité.
Histoire du DPE : de sa création en 2006 à sa réforme en 2025, un outil devenu central dans la politique énergétique française
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est aujourd’hui incontournable dans toute transaction immobilière. Obligatoire à la vente comme à la location, il informe sur la consommation d’énergie d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Mais derrière cette étiquette colorée que connaissent désormais tous les propriétaires français, il y a une longue histoire. Comment a-t-il été créé ? Par qui et pour quels objectifs ? Quels gouvernements successifs l’ont façonné et renforcé ? Retour sur deux décennies de politiques publiques autour de cet outil clé de la transition énergétique.
Qu’est-ce que le DPE et pourquoi a-t-il été créé ?
Le DPE est un document officiel qui attribue à chaque logement une double étiquette :
- Une classe énergie allant de A (logement très économe) à G (passoire thermique). A à g
- Une classe climat, indiquant les émissions de gaz à effet de serre.
Il est né de la volonté de l’Union européenne, au début des années 2000, de réduire la consommation énergétique des bâtiments, secteur responsable d’environ 40 % de la consommation d’énergie finale et d’un quart des émissions de CO₂.
La directive européenne du 16 décembre 2002 sur la performance énergétique des bâtiments (2002/91/CE) a posé les bases. La France devait la transposer dans son droit national, ce qui sera fait avec la loi du 13 juillet 2005 relative au Plan Climat.
2006 : la mise en place du DPE sous Jacques Chirac et Dominique de Villepin
Le DPE est officiellement instauré par le décret du 14 septembre 2006. À l’époque, Jacques Chirac est président de la République et Dominique de Villepin Premier ministre.
Objectif affiché :
- Fournir une information transparente aux acheteurs et locataires sur la performance énergétique.
- Sensibiliser les ménages à la sobriété énergétique.
- Donner une base pour inciter à la rénovation thermique.
👉 Dès 2006, il devient obligatoire lors de la vente d’un logement. Un an plus tard, en 2007, son obligation est étendue à la location.
2007-2012 : Nicolas Sarkozy et le Grenelle de l’Environnement
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le Grenelle de l’Environnement (2007-2008) donne un coup d’accélérateur. Le bâtiment est identifié comme un secteur prioritaire pour atteindre les engagements climatiques de la France.
Le DPE se généralise :
- En 2011, obligation d’afficher l’étiquette énergie dans toutes les annonces immobilières.
- Création de la Base de données DPE, gérée par l’ADEME, pour centraliser les diagnostics réalisés.
👉 Mais cette première version du DPE est largement critiquée : manque de fiabilité, résultats variables selon les diagnostiqueurs, absence de sanctions claires.
2012-2017 : François Hollande et la montée en puissance de la rénovation énergétique
Sous François Hollande, le Plan de Rénovation Énergétique de l’Habitat (PREH) place le DPE au cœur de la stratégie. Il devient un outil d’orientation pour les ménages souhaitant engager des travaux.
Évolutions notables :
- Intégration du DPE dans le Crédit d’Impôt Transition Énergétique (CITE).
- Volonté d’améliorer la méthodologie pour plus de fiabilité.
- Début de la réflexion sur la future opposabilité du DPE.
Cependant, les critiques persistent : le diagnostic reste jugé trop théorique et inégal selon les diagnostiqueurs.
2017-2022 : Emmanuel Macron, la loi Énergie-Climat et la loi Climat et Résilience
Sous la présidence d’Emmanuel Macron, le DPE connaît une réforme majeure.
2019 : loi Énergie-Climat
Elle fixe un cap clair : la fin des passoires thermiques. L’objectif est de rénover l’ensemble du parc immobilier d’ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone.
2021 : une réforme radicale du DPE
À partir du 1er juillet 2021, le DPE est totalement revu :
- Fin de la méthode basée sur les factures : désormais, seul un calcul conventionnel (3CL) est utilisé.
- Prise en compte de nouveaux critères (isolation, ventilation, chauffage).
- Classement unique qui intègre à la fois consommation d’énergie et émissions de CO₂.
- Opposabilité juridique : un acheteur ou locataire peut se retourner contre le vendeur ou bailleur si le DPE est erroné.
👉 Cette réforme marque un tournant : le DPE devient un véritable outil de régulation du marché immobilier.
2021 : loi Climat et Résilience
Elle introduit le calendrier progressif d’interdiction de location :
- 2023 : interdiction de louer les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an.
- 2025 : interdiction de louer tous les logements classés G.
- 2028 : interdiction pour les logements classés F.
- 2034 : interdiction pour les logements classés E.
Le DPE devient ainsi une arme législative contre la précarité énergétique.
2022-2025 : ajustements et corrections du DPE
Après sa réforme, le DPE connaît encore des ajustements :
- 2022 : correction pour certains logements anciens mal évalués.
- 2023 : développement de la base de données publique Observatoire DPE-Audit.
- 2025 : correction spécifique pour les petites surfaces (moins de 40 m²), injustement pénalisées par le calcul précédent. Environ 140 000 logements voient leur étiquette revalorisée.
Ces évolutions montrent la volonté des pouvoirs publics d’affiner l’outil pour le rendre plus juste et plus efficace.
Les réactions au fil du temps
Les professionnels de l’immobilier
Au début, beaucoup d’agents immobiliers percevaient le DPE comme une contrainte administrative. Aujourd’hui, ils reconnaissent son rôle structurant : un bon DPE facilite la vente ou la location, un mauvais DPE impose de revoir la stratégie.
Les propriétaires
- Les plus modestes ont souvent vu le DPE comme une menace, en raison du coût élevé des travaux.
- D’autres y voient un moyen de valoriser leur patrimoine grâce à une rénovation bien menée.
Les associations de consommateurs
Elles ont longtemps dénoncé le manque de fiabilité du diagnostic. Depuis 2021, elles saluent l’opposabilité du DPE, gage de transparence pour les ménages.
Le DPE : contrainte ou opportunité pour les propriétaires ?
Le DPE est souvent vécu comme une contrainte réglementaire. Mais il constitue aussi une opportunité :
- Un logement mieux classé se vend 10 à 20 % plus cher qu’une passoire thermique.
- Les aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) permettent de financer jusqu’à 90 % des travaux pour les ménages modestes.
- Le DPE aide les propriétaires à prioriser les travaux pour améliorer rapidement la performance énergétique.
Conclusion : une histoire encore en cours d’écriture
De sa création en 2006 à sa réforme en 2025, le DPE a profondément évolué. D’un simple document d’information, il est devenu un instrument de régulation du marché immobilier et un levier central de la transition énergétique française.
Soutenu par tous les gouvernements successifs, de Jacques Chirac à Emmanuel Macron, le DPE s’est imposé comme une référence incontournable. Il influence désormais le prix, la valeur, la location et même l’avenir des logements.
👉 Mais l’histoire du DPE n’est pas terminée : à mesure que les exigences climatiques s’intensifient, il continuera d’évoluer, de se perfectionner et de jouer un rôle de plus en plus décisif dans la manière dont nous habitons, rénovons et valorisons nos biens immobiliers.