Immobilier ancien : revanche des villes moyennes et réajustement parisien

Immobilier ancien : revanche des villes moyennes et réajustement parisien

Par Christel Villedieu - Publié le 06/04/2021 - Mis à jour le 06/04/2021

Immobilier ancien : revanche des villes moyennes et réajustement parisien

DĂ©jĂ  en 2020, une fois le 1er confinement passĂ©, l‘immobilier ancien avait fait preuve d’une incroyable vitalitĂ©. Celle-ci ne s’est pas dĂ©mentie au 1er trimestre 2021. Selon CENTURY 21, filiale de Nexity, le rythme des ventes s’est mĂȘme accĂ©lĂ©rĂ©, dĂ©passant les niveaux enregistrĂ©s en 2019, annĂ©e jusque-lĂ  considĂ©rĂ©e comme exceptionnelle.



EN FRANCE


Le segment des maisons est particuliĂšrement porteur : +18,2% par rapport au 1er trimestre 2020 (+12,6% pour les appartements).

Dans ce contexte, les prix augmentent : ils s’établissent en moyenne Ă  2240€ le mÂČ pour les maisons (+4,6%) et 3703€ pour les appartements (+3,8%). Il s’agit-lĂ  de nouveaux records.

C’est la Province qui tire le marchĂ© vers le haut, il semble qu’une redĂ©finition du « bien vivre » soit en train de s’écrire : les mĂ©nages privilĂ©gient les villes moyennes qui gravitent autour des grandes mĂ©tropoles. Le tĂ©lĂ©travail rĂ©duisant les problĂ©matiques de transport, les familles choisissent d’utiliser le prix de vente Ă©levĂ© de leur bien en hypercentre pour acheter quelques kilomĂštres plus loin un appartement plus spacieux ou une maison avec jardin. C’est le retour en grĂące du « pavillon ».

Sur le plan national, les délais de vente se contractent : 86 jours en moyenne pour les maisons (contre 95 jours au 1er trimestre 2020) et 81 jours pour les appartements (contre 86 jours un an plus tÎt). Il faut remonter à 2012 ou 2011 pour observer des délais de vente aussi courts. Les marges de négociation diminuent également pour les maisons, signe de la tension du marché sur ce segment (5,2% versus 5,7% un an auparavant).

Et malgrĂ© la hausse des prix au mÂČ, la superficie moyenne demeure Ă©levĂ©e (116,9mÂČ pour les maisons et 59,1mÂČ pour les appartements). Être bien chez soi n’a jamais Ă©tĂ© aussi capital et les mĂ©nages n’hĂ©sitent pas pour cela Ă  y consacrer une enveloppe financiĂšre importante : 255 659€ en moyenne pour l’acquisition d’une maison, 218 730€ pour un appartement. Jamais de telles sommes n’avaient Ă©tĂ© investies auparavant pour l’achat d’un bien.

Pour ce faire, la quotitĂ© de financement par emprunt augmente encore de +3,7% et atteint 83,3% de la somme globale investie. La durĂ©e de financement s’allonge aussi pour se situer Ă  21,2 ans en moyenne.

Ces achats ne sont pas tous dĂ©diĂ©s Ă  l’acquisition d’une rĂ©sidence principale : la part qui lui est consacrĂ©e diminue mĂȘme (-1,7% pour reprĂ©senter 61,9% des achats) quand celle des achats destinĂ©s aux placements s’envole de +5,4% pour atteindre le niveau historique de 31,5% des transactions. Attrait du vert, capacitĂ© de prolonger les week-ends grĂące au tĂ©lĂ©travail, la part des rĂ©sidences secondaires augmente de +8,8% par rapport Ă  l’an passĂ© (elles reprĂ©sentent dĂ©sormais 6,2% des acquisitions)

Qui achĂšte ?

Les moins de 30 ans voient leur part parmi les acquĂ©reurs progresser de +4,6% par rapport Ă  l’an passĂ© : ils profitent de taux particuliĂšrement bas pour transformer le budget initialement consacrĂ© Ă  la location en mensualitĂ© pour rembourser leur acquisition. Les plus de 50 ans aussi voient leur proportion croĂźtre (+3,6% pour les 50/60 ans et +2,8% pour les + de 60 ans), ce sont sans doute eux qui sont majoritairement Ă  l’origine des achats Ă  titre de placements.



A PARIS

Paris, dont les prix n’ont cessĂ© de grimper durant les 5 derniĂšres annĂ©es, a fait l’objet d’un effondrement des ventes en 2020. Depuis le 1er trimestre 2021, un rĂ©ajustement s’opĂšre : les prix ont enfin arrĂȘtĂ© de monter. Ils enregistrent mĂȘme une lĂ©gĂšre baisse de -3,1% entre le 1er trimestre 2020 et le 1er trimestre 2021 (pour s’établir Ă  10 292€ en moyenne). Cette correction des prix permet au marchĂ© de repartir et le nombre de ventes progresse de +6% par rapport Ă  l’an passĂ©.

Pour pouvoir acheter, les Parisiens sacrifient quelques mÂČ de superficie (la surface d’un appartement parisien avoisine 49mÂČ en moyenne), cela fait consĂ©quemment baisser le montant d’acquisition qui s’établit Ă  514 140€.

Les vendeurs ayant mis du temps à accepter de baisser leurs prétentions financiÚres, les délais de vente se sont fortement allongés (+18 jours). Ils sont actuellement de 74 jours soit un niveau parmi les plus hauts jamais observés dans la Capitale.

Cette valse Ă  3 temps est connue : ralentissement de l’activitĂ© puis rĂ©ajustement des prix et retour des volumes de ventes. Il est Ă  prĂ©voir que dans les prochains mois les prix parisiens connaissent une ondulation en plateau : l’activitĂ© repartant, les prix risquent Ă  nouveau de remonter, entraĂźnant alors un blocage du marchĂ© et une nouvelle correction des prix, tout cela dans une oscillation de faible amplitude.


Si les achats Ă  Paris sont encore dĂ©diĂ©s pour 59,8% d’entre eux Ă  la rĂ©sidence principale, c’est surtout l’acquisition au titre d’investissement locatif qui bat tous les records : sa part a progressĂ© de +14,1% en un an et reprĂ©sente dĂ©sormais 35,5% des transactions.


Les cadres moyens sont Ă  la manoeuvre et, fait nouveau, leur part parmi les acquĂ©reurs parisiens dĂ©passe celle des cadres supĂ©rieurs et professions libĂ©rales. Une autre catĂ©gorie est trĂšs active sur le marchĂ© : celle des retraitĂ©s. Les employĂ©s et ouvriers en revanche ne sont plus qu’un vague souvenir dans la Capitale : ils ne reprĂ©sentent plus que 1,5% des acheteurs (pour comparaison, leur part Ă©tait Ă  12,2% en 2010).


EN REGIONS

Ces employĂ©s et ouvriers ne sont pas davantage dynamiques en Ile-de-France. Leur proportion chute mĂȘme de -20,8% entre le 1er trimestre 2020 et le 1er trimestre 2021. Il faut dire que les prix franciliens ont fortement augmentĂ© : +7,9% pour les maisons, +7,1% pour les appartements. Le prix moyen au mÂČ s’établit respectivement Ă  3360€ et 4512€ en moyenne. L’activitĂ© est vigoureuse sur les deux segments (+10,7% pour les maisons et +12,1% pour les appartements), mais c’est toujours en deçà de la moyenne nationale, apportant la preuve que ce sont bien les rĂ©gions hors Ile-de-France qui connaissent la plus grande vitalitĂ©. Quelques Ă©volutions notables : les marchĂ©s des maisons en Bretagne, dans le Centre-Val de Loire ou encore dans les Hauts-de-France voient leurs ventes progresser de plus de 37% ! En termes de prix, la Bourgogne-Franche-ComtĂ©, la Bretagne, les Hauts-de-France et la Normandie connaissent des Ă©volutions trĂšs supĂ©rieures Ă  la moyenne nationale.


CONCLUSION

S’agit-il d’un phĂ©nomĂšne durable ? Cette notion de « bien vivre », en cours de redĂ©finition, va-t-elle redessiner la carte de France ? Le tĂ©lĂ©travail, l’envie de verdure vont-ils longtemps amener une partie de la population Ă  privilĂ©gier les villes moyennes situĂ©es en pĂ©riphĂ©rie des grosses mĂ©tropoles, pour bĂ©nĂ©ficier Ă  la fois d’une bonne infrastructure et d’un coeur de ville Ă  taille humaine ?


Affaire à suivre


 





* Les données sont indiquées selon l'ensemble des transactions du Réseau CENTURY 21 enregistrées au niveau national du 1er janvier au 30 mars 2021.

CONTACTS PRESSE

Franck THIEBAUX, FT&Consulting, 06 73 76 74 98 - franckthiebaux@ft-consulting.net

Christel VILLEDIEU, directrice de la Communication, 06 22 57 90 50 - cv@century21france.com

 



Suivez l'actualité immobiliÚre et rejoignez-nous

Les derniÚres exclusivités en vente

Les derniÚres exclusivités en location